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mardi 11 juin 2019

Rencontre avec SUZETTE ROBICHON et OLIVIER WAGNER pour la parution de la "Correspondance amoureuse" de NATALIE CLIFFORD BARNEY et LIANE DE POUGY - 19h

Correspondance amoureuse
Édition de Suzette Robichon et Olivier Wagner
Introduction et postface d’Olivier Wagner
Collection Blanche, Gallimard

L’une était une riche héritière américaine, l’autre l’une des plus célèbres courtisanes de la Belle Époque.
La très jeune Natalie Clifford Barney se présenta un jour de 1899 au domicile de Liane de Pougy. Travestie en page florentin, elle se prétendit la messagère de l’amour envoyée par Sappho ; avec l’assurance invulnérable de ses vingt-trois ans, elle obtint ce qu’elle osa à peine demander. Cette liaison dura moins d’un an, laissant place ensuite à des sentiments plus complexes. Natalie n’était pas arrivée à arracher Liane à sa très lucrative vie de galanterie.
De leur improbable rencontre naquit une passion dont les cent soixante-douze lettres présentées ici, totalement inédites jusqu’à ce jour, narrent les stations obligées, des illusions divines des débuts au goût amer des regrets. Nous suivons, au fil de ces pages, les développements d’un amour qui s’était écrit en même temps qu’il s’était vécu et qui, l’espace de quelques mois, dessina l’espoir immense d’une possible émancipation à deux, loin de l’oppression des hommes.
C’est dans les feux de cette passion que se forgea le caractère indomptable de Natalie Clifford Barney, qui devint l’Amazone, multipliant amours et amitiés, salonnière incontournable et figure littéraire de l’entre-deux-guerres. À travers certaines lignes empreintes de lassitude s’entrevoit aussi ce que serait le destin de Liane de Pougy, qui après sa rencontre avec Natalie deviendrait princesse Ghika, avant de terminer sa vie dans l’ordre des sœurs tierces dominicaines.
Ces lettres montrent une hardiesse et une liberté dans l’expression qui, jamais leste ni vulgaire, ne fait guère mystère de la nature de certaines extases. Elles offrent enfin le portrait inédit de deux personnalités qui furent, chacune à son propre titre, des figures de leur temps.

Suzette Robichon a participé à différentes aventures de presse, dont la revue Masques, Quand les femmes s‘aiment, Lesbia magazine. Editrice de la revue Vlasta revue des fictions et utopies amazoniennes elle a publié Le Voyage sans fin, de Monique Wittig et Q.E.D de Gertrude Stein. Elle a publié dans différentes anthologies, co-édite Lesbisches Paris et présente Ceci est mon testament de Rosa Bonheur (éditions iXe). Co-fondatrice du Fonds de dotation lesbiennes d’intérêt général, elle fait partie des Archives recherches et cultures lesbiennes, du centre audiovisuel Simone de Beauvoir et anime l’association des ami/es de Monique Wittig.

Olivier Wagner, ancien élève de l’école des chartes, est conservateur au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France. Il y est en charge des archives des auteurs d’avant-garde et notamment appartenant aux mouvements du surréalisme et du nouveau roman. Il a déjà publié chez Gallimard avec Carrie Landfried les Lettres d’Amérique de Nathalie Sarraute. Parmi les publications à venir, citons un fac-similé avec commentaire du manuscrit de Nadja d’André Breton cet automne et l’année prochaine la Correspondance croisée entre tous les auteurs du nouveau roman, toujours chez Gallimard.

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